| | A l'écart des évènements politiques qui traversaient en météores le ciel de leur existence, les Beaufortains vivaient de la culture de leurs champs, de la vente du gruyère déjà renommé, et de celle du bétail.
Toute la vie de la vallée était fondée sur l'économie agro-pastorale. Les alpages étaient alors l'unique richesse du pays et le resteraient jusqu'aux années 1930.
Le XIXe siècle, ou l'exode rural
|
Mais la terre ne pouvait plus nourrir toute la population, qui atteignit son maximum en 1848 : 7000 habitants. L'émigration, phénomène ancien, s'accentua. C'était la seule ressource pour les cadets des familles nombreuses.
Temporaire ou définitive, elle se faisait essentiellement vers Paris et Lyon. La plupart devenaient domestiques, les plus débrouillards commerçants, cafetiers. Quant aux petits ramoneurs savoyards, ils ne venaient pas du Beaufortain mais de la Haute-Tarentaise et de la Maurienne.
Et le Beaufortain devint français
|
Le 24 Mars 1860, le traité de Turin entre Napoléon III et Victor Emmanuel II remit la Savoie à la France, sous réserve d'un plébiscite. La réunion fut ratifiée par une majorité écrasante :le 22 avril 1860 à Beaufort, il y eut 1361 oui sur les 1396 inscrits.
La suppression des barrières douanières et l'achèvement de la route Beaufort-Albertville permirent de développer le commerce de la vallée.
L'histoire du Beaufortain, tout comme celle de la Savoie, devint alors commune à la France...
Résistance et parachutages en Beaufortain
|
Lors de la seconde guerre mondiale, la Résistance organisa de nombreux parachutages nocturnes pour équiper les maquisards du Beaufortain, commandés par le capitaine Bulle.
Ces manoeuvres durèrent jusqu'au débarquement des alliés en Normandie, évènement décisif qui allait rendre plus indispensable que jamais l'armement amené de Londres ou d'Alger.
Les jeunes volontaires affluaient de partout jusqu'au lac de la Girotte, où le chantier du barrage leur offrait une cachette sûre.
Il s'agissait de conserver la plus grande prudence pour éviter au maquis beaufortain le sort tragique de celui des Glières.
Drame dans le Beaufortain
Mais le 21 juin 1944 survint un drame qui suscita beaucoup d'effroi et d'affolement.
Un goupe de 70 FTP venus d'Ugine attaqua le poste allemand de Beaufort, composé de paisibles douaniers puis s'enfuit dans la direction de St Guérin.
Rattrapés par les Allemands, ils furent fait prisonniers aux Colombières et fusillés à Albertville, sauf 4 qui furent déportés.
La Libération
 |
| Parachutage de provisions |
Cette tragédie eut cependant l'avantage de débarasser le Beaufortain de cette garnison allemande, qui ne fut pas rétablie.
Le parachutage du col des Saisies, le 1er août 1944 fut ainsi facilité. Il avait été annoncé par un message codé de la BBC ; ''le jardinier arrose ses laitues".
Ce jour-là, 78 forteresses volantes larguèrent sur le plateau du col des Saisies 900 containers remplis d'armes et de matériel.
Cette journée radieuse fut néanmoins endeuillée par la mort d'un sergent américain dont le parachute n'avait pas fonctionné.
Après les combats du Cormet de Roselend et des Chapieux (20 août) se produisit la libération effective d'Albertville, du Beaufortain et de la Tarentaise.
L'histoire de la Résistance en Beaufortain est racontée de façon romancée dans le livre de Roger Frison-Roche ''les Montagnards de la Nuit''.
Hélène Viallet
|