| | Il semble que les grands évènements politiques eurent peu d'influence sur la population de la vallée, appliquée à l'augmentation du domaine pastoral.
L'impact des événements extérieurs
|
Cependant les incursions sarrasines eurent un écho dans le Beaufortain, si l'on en croit la légende sur la fondation de la chapelle des Châteaux...
|
Un problème d'autorité
Au Xe siècle, confrontés aux invasions sarrasines et hongroises ainsi qu'aux grands propriétaires, les rois du second royaume de Bourgogne (933-1032) eurent beaucoup de peine à imposer leur autorité.
Ils pratiquèrent une politique de concessions à l'égard des évêques de leur royaume pour se défendre contre les seigneurs laïques. |
La suzeraineté de l'archevêque
Ainsi, en 996, Rodolphe III donna à l'Archevêque de Tarentaise, le 'comitatus' dans son diocèse, c'est-à-dire des droits fiscaux, financiers et judiciaires.
Ainsi, le Beaufortain dépendait de l'archevêque tant au niveau spirituel que temporel , mais sa suzeraineté n'était pas admise par tous. |
Des difficultés surgirent d'abord avec les comtes du Genevois, suzerains des sires du Faucigny. Ils s'étaient arrogés des droits dans la vallée de Luce en recevant l'hommage des sires de Beaufort.
NB : Ces derniers résidaient probablement depuis le début du XIe siècle dans la tour carrée et les fortifications de la colline des Châteaux.
A la suite de tractations, le 30 Juillet 1220, Guillaume II, comte de Genevois, reconnut la suzeraineté de l'archevêque Bernard de Chignin sur la vallée de Luce. ll prêta hommage au prélat pour les terres appartenant à ses vassaux. De plus, en signe de vassalité, ìl s'engagea à lui remettre tous les ans deux grosses truites.
Suzeraineté & conflits de pouvoir
Fort de sa suzeraineté sur l'ensemble du Beaufortain, l'archevêque possédait en domaine direct le territoire de confluence du Doron et de l'Argentine, là où était bâti le Bourg de Saint-Maxime (Beaufort actuel). Son Châtelain résidait dans la maison forte du Châtelard près de l'église.
Cependant, des contestations naquirent entre les sires de Beaufort et ceux de Cornillon.
Ceux-ci possédaient en franc alleu les territoires de Queige et de Césarches. Leur château, près du Col de la Forclaz, avait par ailleurs une position avantageuse.
Dans la lutte contre les Beaufort, ils s'appuyèrent sur l'archevêque en lui prêtant hommage (septembre 1222). |
Les sires de Beaufort, protégés par le Faucigny, s'attaquèrent directement à l'Archevêque, qui dut leur concéder à titre d'hommes liges un certain nombre de familles du Bourg de Saint-Maxime (1225).
Puis, en 1242, Guillaume de Beaufort et l'archevêque Bernard de Chignin y établirent un marché hebdomadaire. A cette époque, il était toujours dangereux de se donner un protecteur. |
Le déclin des Beaufort
Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, les Beaufort perdirent leur puissance par l'action ambitieuse de deux femmes :
- Agnès de Faucigny, épouse de Pierre de Savoie qui devint comte (1268)
- Béatrice (La Grande dauphine), leur fille, épouse du dauphin Guigues VIe.
Pendant 30 ans, après la mort de son mari, Béatrice administra le Dauphiné-Faucigny.
|
En Beaufortain, elle réduisit progressivement les pouvoirs des sires de Beaufort en les éliminant de plus en plus du castrum (château des Vanches).
En effet, le château fut pendant un certain temps en coseigneurie : il abritait le représentant de la grande dauphine et les deux branches de la famille de Beaufort.
|
La branche cadette de la famille des Beaufort partit la première en s'installant aux Outards.
L'ainée construisit d'abord une demeure un peu en-dessous, puis le château de la Salle sur la rive gauche de l'Argentine en face du bourg de St Maxime.
NB : les ruines de ce château sont encore visibles en empruntant la route du Mont.
|
Pendant ce temps, Béatrice renforçait les défenses en élevant les deux tours rondes... |